Ses seins pèsent plus lourd,
Ses reins se sont creusés,
Son souffle devient court,
Son corps est fatigué.
Elle respire pour deux
Et sourit au pluriel,
En refermant les yeux
Dans ses légers sommeils.
Au fil des jours
Au fil des nuits
Ses deux mains de velours,
Jusqu'au petit matin,
Caressent avec amour
Ses contours de satin.
Fugitifs sursauts de vie
Qui s'agitent sous sa peau,
Lui arrachent de petits cris
Qui sont ses premiers mots.
Au fil des jours
Au fil des nuits
De la balance à la glace
Elle surveille son précieux fardeau,
Et chaque saison qui passe
La rapproche de son berceau.
De livres en magazines
Elle apprend à le connaître,
Devant chaque vitrine
Elle le presse de naître.
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Au fil
des jours
Au fil des nuits
Et pendant ses longs silences,
Source de mille questions,
Elle guette avec insistance
Ses moindres sensations.
Elle lui parle de sa famille
Et murmure ses prénoms,
Espérant une petite fille,
Espérant un grand garçon.
Au fil des jours
Au fil des nuits
Dans un éclair d'inquiétude
Ses douceurs se déchirent,
Des rivières de lassitude
Inondent son sourire.
Un long soupir d'éternité
S'échappe enfin d'elle,
Et un cri d'humanité
Annonce l'aube nouvelle.
Au fil des jours
Au fil des nuits
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