1. Remise de la Dette
2. Libérer les Esclaves
3. Préserver la terre
4. Redistribuer la terre
1. Remise de la
Dette
Selon les données les plus récentes la
" dette extérieure " des pays en voie de développement s'élève
à 2200 milliards de dollars environ. Une grande partie de cette dette
des pays en voie de développement a été générée par les choix du système
bancaire international à l'issue du choc pétrolier des années 70.
Le surplus de disponibilité financière existant a été utilisé pour
financer les déficits croissants de la balance des paiements des pays
en voie de développement, à des conditions particulièrement onéreuses
selon les conditions monétaires et financières de l'époque. Cette
situation a généré un poids insoutenable pour beaucoup de pays en
voie de développement, qui doivent financer un service de dette qui
demande une part croissante du PIB, entre autre avec une valeur des
exportations propres, source indispensable des approvisionnements
de valeur importante, qui tend à décliner très fortement ( l'an dernier
le prix des matières premières, les produits pétroliers exclus, à
diminué de 16%). Cette situation génère de dramatiques conséquences
pour les politiques de développement de ces pays. Ainsi en moyenne
les pays de l'Amérique Latine doivent utiliser 50% des gains des exportations
pour le service de la dette et les pays d'Afrique sud saharienne destinent
au service de la dette 20% du PIB, quatre fois plus que les dépenses
qu'ils peuvent soutenir pour la santé et l'instruction de base.
Dans ce cadre les inégalités croissent au niveau planétaire, si bien
qu'aujourd'hui 20% des personnes les plus riches de la planète détiennent
85% de la richesse mondiale, alors qu'il y a 1, 45% de disponibilité
pour les 20% les plus pauvres. Malgré cela les politiques d'aide des
pays développés sont toujours plus faibles si on tient compte que
ces cinq dernières années les aides des pays OCDE sont tombées de
0,33% à 0,22% du PIB proposé par l'Assemblée générale de l'ONU et
qu'en termes réels le flux d'aide s'est réduit d'un tiers par rapport
à 1990.
Les initiatives les plus récentes assumées par la communauté internationale
(HIPC) ont démontré des limites importantes, soit à cause du nombre
limité de pays qui peuvent y accéder et la diminution insuffisante
de la dette, soit à cause des politiques restrictives qui sont imposées,
qui génèrent de dramatiques diminutions pour les dépenses en faveur
de la promotion humaine et qui compromettent le futur de ces pays.
Le Fond monétaire international lui-même a reconnu que l'intervention
de réduction a concerné 1% seulement du service de la dette payée
chaque année par les 93 pays les plus pauvres et qu'en 1997 les pays
HIPC avec 8 milliards de dollars de nouveaux prêts ont du dépenser
8,2 milliards de dollars pour le service de la dette, aggravant ainsi
la propre situation.
Dans cette prospective la nécessité s'impose d'une réforme en profondeur
des institutions financières internationales, qui ne se sont pas montrées
capables d'empêcher des ondées dévastatrices spéculatives avec de
graves conséquences sur les économies les plus faibles, ni de soutenir
des politiques équilibrées de développement.
La base juridique de la régularisation de la dette internationale,
caractérisée par la prédominance du créditeur et le manque de relations
équitables entre les pays débiteurs et les pays créditeurs apparaît
clairement inadaptée.
Les appels répétés en faveur d'une intervention de l'annulation de
la dette des pays pauvres, appels du Pape Jean-paul II, de personnalités
de la culture et de l'économie et les campagnes de sensibilisation
au niveau mondial soutenues par de nombreuses ONG et mouvements (M.A.D
),
doivent engager le gouvernement :
- A prendre toutes les initiatives nécessaires au niveau international
et en particulier à l'occasion des prochains sommets du G8 pour une
amélioration décisive de l'initiative HIPC, en direction d'un élargissement
des pays qui peuvent y accéder, d'une modification des conditions
de l'intervention, d'une évaluation plus compréhensive du concept
de soutient de la dette qui ne compromette pas les politiques de promotion
humaine ;
- A coopérer avec les gouvernements et les ONG pour que les gains
qui découlent de l'annulation de la dette soit effectivement destinés
à des interventions pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion
sociale et pour des projets concrets de développement, humainement
soutenables ;
- A donner vie aux engagements pris à Washington, dans le cadre du
développement d'une politique de diminution de la dette et par des
moyens appropriés ( positions plus décisives dans les organismes financiers
internationaux, politiques de la SACE, etc) ;
- A promouvoir dans la communauté internationale des orientations
pour une réflexion des profils juridiques de la dette internationale
dans le sens d'une plus grande équité entre les pays débiteurs et
les pays créditeurs ;
- A informer le parlement national périodiquement sur le résultat
des initiatives, sur les positions prises par le gouvernement français
dans les organismes financier internationaux et sur les lignes stratégiques
sources des orientations.
Le mouvement pour l'abolition
de la dette des pays pauvres (M.A.D.)
Le M.A.D. est un mouvement créé le 5 mai
1998. Son action vise à affirmer l'égalité fondamentale entre tous
les êtres humains sans distinction de race, de langue, de religion
ou de culture. Ainsi tout homme, femme ou enfant, a droit au bien-être
matériel, à la santé et à la sécurité. Le M.A.D. se propose donc de
dénoncer tout système économique et politique qui vise à maintenir
dans la pauvreté la majorité de la population du globe alors qu'une
minorité s'enrichit à ses dépends.
Afin de favoriser la cohésion de cette démarche à l'échelle de la
planète, plusieurs mouvements et associations ont harmonisé leur initiative.
Leur espoir est d'entraîner des millions d'internautes à se mobiliser
et ainsi créer un mouvement international en faveur de l'abolition
de la dette astronomique qui écrase les pays en voie de développement.
Leur but est de faire parvenir un message affirmant cette priorité
d'action aux instances susceptibles d'agir à l'égard de cette question
: soit les pays membres du G-8.
Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité.
Développement et Paix,
MAD (http://www.op.org/canada/jubile/petition.htm)
2. Libérer les Esclaves
Jamais dans le monde les esclaves n'ont
été si nombreux ni les esclavages si variés :
- Esclavage sexuel : filles et garçons vendus par milliers dans
le monde (Brésil, Chili, Argentine, Thaïlande, Philippines, Bangla
Desh
)
- Esclaves domestiques : adolescentes et jeunes femmes retenues
captives par leurs employeurs qui s'emparent de leurs passeports et
les font vivre dans des conditions déplorables.
- Esclavage de centaines de millions d'enfants astreints à un travail
inhumain (tapis, Briques, usines, mines
) pour permettre à leur
famille de survivre .
- Esclaves du travail clandestin qui après s'être endettés pour
entrer illégalement dans un pays sont à la merci de leur patron ou
d'une descente de police.
- Esclaves par millions dans les camps de travail forcé dans plusieurs
pays et notamment en Chine.
Depuis son abolition, l'esclavage n'existe plus dans le droit international.
Il devient urgent de remédier à cette lacune et de donner à ces nouveaux
esclavages un statut de " crime contre l'humanité " afin
de pouvoir poursuivre les responsables à tous les niveaux.
3. Préserver la
terre
Notre planète agonise à force d'être exploitée
par l'homme.
· L'eau :
Les pluies deviennent acides. La mer est une poubelle. Dans les pays
riches, près d'un million de produits chimiques générés par l'industrie
bouillonnent dans les nappes phréatiques. Dans les pays pauvres, les
rivières et les lacs contiennent jusqu'à 100 fois le niveau d'éléments
polluants autorisé.
L'eau potable se fait de plus en plus rare . L'eau douce potentiellement
disponible pour la consommation humaine ne représente pas plus de
0,007 % de l'eau à la surface de la terre. Par le passé, cette marge
relativement faible était malgré tout suffisante. En 1950 il y a avait
une provision de 17000 m3 d'eau douce pour chaque homme. En 1995,
la consommation ayant augmenté deux fois plus vite que le taux de
croissance de la population, cette quantité est descendue à 7500 m3.
Si les tendances actuelles se poursuivent, en 2025, il n'y aura plus
que 5100 m3 d'eau disponible par personne et par an. Ceci générera
de très graves pénuries et tensions dans de nombreux endroits du globe.
· La Terre :
La terre de qualité convenable pour l'agriculture est relativement
rare. Il faut à la nature de 100 à 400 ans pour créer à peine 10 millimètres
de terre arable productive, et environ 3 à 12000 ans pour une couche
de 30 centimètres. L'organisation pour l'alimentation et l'agriculture
de l'ONU estime qu'il existe actuellement 3031 millions d'hectares
cultivables dont 71 % dans le tiers monde. C'est une ressource précieuse
indispensable pour couvrir les besoins alimentaires. Pourtant au cours
des dernières décennies, les pressions de l'activité humaine ont fait
directement disparaître de 5 à 7 millions de terres cultivables par
an. Aujourd'hui, 11 Millions d'hectares de terres cultivables disparaissent
chaque année. Si l'exploitation de la forêt tropicale continue au
même rythme, celle-ci sera rayée de la carte dans cinquante ans. 40
000 à 60 000 espèces de plantes vasculaires risquent de disparaître
d'ici 2040. De nombreuses espèces animales sont menacées par la destruction
de leur habitat, par la chasse ou le commerce de luxe.
· L'air et l'environnement :
L'air est souvent une soupe chimique. La couche d'ozone est percée.
Les estimations de risques affirment que la combinaison de produits
chimiques est au maximum dix fois plus toxiques que lorsqu'ils sont
pris individuellement. Pourtant, il a été démontré que deux ou trois
pesticides courants souvent utilisés sont entre 160 et 1600 fois plus
puissants lorsqu'ils sont combinés que chaque pesticide pris individuellement.
Or il existe à l'heure actuelle, 70 000 produits chimiques différents
dans notre environnement, et chaque année s'y ajoutent à peu près
un milliers de nouvelles substances. Rien qu'en ne testant que les
1000 produits chimiques les plus courants, uniquement par combinaison
de trois, il faudrait effectuer 166 millions d'expériences différentes
sans compter les dosages différents. Si l'expérience dure une heure
seulement, en faisant travailler 100 laboratoires vingt quatre heures
sur vingt quatre, sept jours sur sept, la série complète de tests
durerait 180 ans.
Un habitant des pays riches dont l'espérance de vie est de 80 ans
consommera 800 000 KW d'énergie électrique, 2 500 000 litres d'eau,
21 000 tonnes d'essence, 220 000 kilos d'acier, le bois de 1 000 arbres
et générera 60 tonnes de déchets. Avec les nouvelles technologies,
et à un coût acceptable, la planète ne pourra pas supporter plus de
2 Milliards d'individus vivant à ce niveau. Or, on estime qu'en 2050,
la population mondiale atteindra 10 Milliards d'êtres humains. Dans
quel environnement vivront ils ?
4. Redistribuer
la terre
Dans les pays en voie de développement,
un très petit nombre de grands propriétaires terriens possèdent la
majeure partie de la surface cultivable, tandis qu'une multitude de
petits propriétaires, de métayers ou de fermiers cultivent la surface
restante qui est souvent de qualité inférieure. La situation au Brésil
est dramatique : 1% des propriétaires possèdent près de 46% des terres,
tandis que 90% des propriétaires se répartissent 20 % des terres.
Dans les pays développés, l'augmentation de la production agricole
est excédentaire, les prix sont à la baisse. Pour garder aux exploitants,
un revenu décent, ceux-ci bénéficient d'une prime compensatoire à
condition de laisser une partie de leurs terres en jachère. La terre
risque alors de n'être plus considérée comme un outil de travail mais
en fonction des primes qu'elle peut rapporter.