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La conversion des mentalités
Quelques
conversions de mentalités sont urgentes pour un avenir de justice et de paix :
- La priorité de la personne sur l'économie, le profit, le
rendement ... dont il ne faut pas faire des idoles qui asservissent.
L'économie est au service de l'homme, de tous les hommes, non l'inverse. C'est
une revendication fréquente vis à vis de l'Etat, des entreprises, mais cette
priorité sera menacée tant qu'elle ne sera pas passée dans les mentalités.
- Une conception de la société comme un peuple de frères tous
égaux, et ceci à tous les niveaux de la société. Il y a actuellement
des inégalités criantes et injustifiables, entre les personnes, entre les
classes sociales ou les professions, entre les pays. Il ne s'agit pas de rêver
d'un égalitarisme total : il y aura toujours des plus grands et des plus
petits, des plus doués et des moins doués, des plus organisés et économes et
des plus gaspilleurs. Il s'agit de reconnaître effectivement à tous les mêmes
droits : droits à la vie et à la santé, droit à l'instruction, au travail, au
repos, à un salaire convenable, aux garanties sociales nécessaires, à une
justice impartiale. Ceci suppose déjà une attention privilégiée aux défavorisés,
aux " sans-voix ", à tous ceux qui n'ont pas les moyens de faire
respecter leurs droits. Autant que faire se peut, il s'agit aussi de donner à
tous les mêmes chances..., et de redonner leurs chances à ceux qui ont échoué.
C'est un des objectifs de l'année jubilaire. Cette égalité fondamentale n'est
pas non plus passée dans les mentalités. Nous sommes tous pour l'égalité ...
mais souvent une fois bien sauvegardés nos avantages acquis (et parfois acquis
au détriment des autres).
- Une conception de la propriété qui fasse passer le bien
commun d'abord, avant la protection de la propriété privée : celle-ci
est un droit légitime mais pas absolu. Les biens de la terre (et les moyens de
production) sont au service de tous et de ce fait, la propriété privée elle-même
a une fonction sociale : l'homme est davantage gérant que propriétaire égoïste
de ses biens. Cette priorité du bien commun a des conséquences. En voici
quelques-unes :
- La conscience que nous sommes tous solidairement responsables
(pour notre part et à notre niveau) des maux de notre temps
: injustices sociales, violation des droits des personnes, pillage de la nature
et pollution avec leurs conséquences, accidents de la circulation, etc. Mais
nous sommes tous solidairement responsables aussi de tous les efforts entrepris
pour améliorer l'avenir.
- La nécessité urgente de la solidarité et du partage. Il ne
suffit pas de subir les solidarités qui nous sont imposées par les pouvoirs ou
la crainte de mouvements sociaux qui pourraient nous causer des dommages ou
bouleverser nos projets. Il s'agit de choisir la solidarité et le partage
(entre personnes, groupes, nations) comme une exigence interne d'une conception
de la personne qui privilégie sa dimension sociale sur sa dimension
individuelle. La remise des dettes, qui est une des mesures de l'année
jubilaire est une façon de vivre cette solidarité et ce partage, et de redonner
leurs chances à ceux (personnes, entreprises ou pays) qui en ont manqué, ou ont
été trompés et exploités, ou n'ont pas su les utiliser. Dans certains cas, elle
est donc une question de justice. Mais il existe cependant des raisons valables
de s'en dispenser, car l'économie, même quand elle est au service du bien
commun, a aussi ses lois.
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